Crypto-actifs : le retard des Français sur leurs voisins européens

crypto-actifs France — Crypto-actifs : le retard des Français sur leurs voisins européens

Crypto-actifs France : 11 % en France contre 20 % aux Pays-Bas : un écart qui interroge

Les crypto-actifs France n’ont pas la même pénétration qu’ailleurs en Europe selon le baromètre ADAN 2026. Le baromètre ADAN 2026 place la France dans une position de retrait notable par rapport à ses principaux voisins européens en matière d’adoption des crypto-actifs. Avec un taux de détention de 11 % de la population adulte, la France se situe bien en dessous de l’Allemagne (17 %), du Royaume-Uni (16 % malgré un recul de 3 points) et surtout des Pays-Bas (20 %) et de l’Allemagne (23 % d’acquéreurs ayant déjà acheté au moins une fois). Pour en savoir plus, consultez le baromètre ADAN.

Cet écart n’est pas conjoncturel. Il se maintient d’une édition à l’autre et reflète des différences structurelles dans les approches réglementaires, fiscales et culturelles des différents marchés. Pour un investisseur ou un professionnel du patrimoine français, comprendre les raisons de ce retard permet d’anticiper les évolutions à venir.

La fiscalité : frein numéro un identifié par les Français

78 % des détenteurs français de crypto-actifs jugent le régime fiscal applicable à ces actifs trop complexe ou inadapté. Ce chiffre est le plus élevé parmi tous les pays européens étudiés dans le baromètre ADAN 2026. Au Royaume-Uni et en Allemagne, où moins d’un détenteur sur trois exprime une insatisfaction fiscale, les comportements d’usage sont significativement différents : le recours aux stablecoins pour des paiements courants y est deux fois plus fréquent qu’en France.

Le régime français des crypto-actifs — soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % avec une règle de calcul en prorata et des obligations déclaratives multiples — n’est pas le plus sévère d’Europe en termes de taux. C’est son illisibilité et sa complexité administrative qui sont principalement en cause. L’obligation de remplir le formulaire 2086 pour chaque cession, le traitement des échanges entre crypto-actifs comme des cessions imposables, et l’absence de mécanisme de report des moins-values constituent les principaux points de friction.

39 % des Français estiment leur pays trop restrictif

Au-delà de la fiscalité, c’est l’ensemble du cadre réglementaire français qui est perçu comme peu favorable. Selon le baromètre ADAN 2026, 39 % des Français estiment que la France est trop restrictive ou insuffisamment engagée sur les sujets liés aux crypto-actifs. Ce sentiment est particulièrement marqué chez les acquéreurs actifs, où il culmine à 77 %.

Ce paradoxe est notable : la France a pourtant été pionnière au niveau mondial avec la création du statut de Prestataire de Services sur Actifs Numériques (PSAN) dès 2019, soit cinq ans avant l’entrée en application de MiCA. Mais cette avance réglementaire n’a pas été perçue comme un signal pro-innovation par les investisseurs, qui retiennent davantage la pression fiscale et la complexité déclarative que les garanties offertes par le cadre prudentiel.

Les spécificités culturelles et comportementales françaises

Au-delà des facteurs réglementaires, des différences culturelles profondes expliquent partiellement le retard français. La France est un pays d’épargne prudente, traditionnellement orientée vers le livret A, l’assurance-vie en fonds euros et l’immobilier. La tolérance au risque d’une partie importante des épargnants français est structurellement plus faible que dans des pays à forte culture d’investissement en actions, comme les Pays-Bas ou le Royaume-Uni.

La concentration de l’épargne crypto sur l’Île-de-France — qui représente 26 % des acquéreurs pour 18 % de la population — traduit également une corrélation avec les revenus élevés et la densité de personnes exposées aux cultures technologiques et entrepreneuriales. Cette concentration géographique suggère que la diffusion des crypto-actifs au-delà des métropoles reste un chantier inachevé.

Ce que font mieux les Pays-Bas et l’Allemagne

Les Pays-Bas : culture financière et écosystème fintech

Les Pays-Bas affichent le taux de détention le plus élevé d’Europe avec 20 % en 2026 (et 25 % d’acquéreurs). Ce résultat s’explique par plusieurs facteurs convergents. La culture financière néerlandaise est historiquement orientée vers les marchés financiers et l’investissement en actions — la proportion de ménages néerlandais actionnaires est parmi les plus élevées d’Europe. La présence d’un écosystème fintech dynamique et d’une régulation perçue comme favorable à l’innovation a également joué un rôle.

L’Allemagne : l’avantage de l’exonération fiscale

En Allemagne, la progression de 4 points du taux de détention (de 13 % en 2025 à 17 % en 2026) est significative. Elle intervient dans un contexte d’assouplissement de la politique fiscale allemande sur les crypto-actifs : depuis 2022, les plus-values sur crypto-actifs détenus plus d’un an sont totalement exonérées d’impôt en Allemagne — un régime radicalement différent du modèle français et qui constitue un avantage compétitif réel pour l’attractivité du marché allemand.

Le reflux britannique : une leçon sur la régulation

Le cas britannique est particulièrement instructif. Pour la première fois en 2026, le Royaume-Uni enregistre un recul de son taux de détention (-3 points, à 16 %). Le baromètre ADAN attribue partiellement ce recul à l’absence d’un cadre comparable à MiCA au Royaume-Uni depuis le Brexit. L’incertitude réglementaire qui a caractérisé le marché britannique des crypto-actifs entre 2021 et 2025 semble avoir découragé certains investisseurs — illustrant qu’un cadre réglementaire clair, même s’il impose des contraintes, est préférable à l’absence de règles pour le développement d’un marché de confiance.

Les perspectives d’évolution pour la France

Plusieurs signaux suggèrent que l’adoption française va progresser dans les prochaines années. L’entrée en application complète de MiCA à partir de 2025 unifie le cadre réglementaire européen et supprime l’un des facteurs d’incertitude qui freinaient les investisseurs. L’intégration progressive des crypto-actifs dans les offres des banques traditionnelles (Hexarq/BPCE depuis décembre 2025, d’autres acteurs à venir) va démocratiser l’accès en supprimant la barrière de la création d’un compte sur une plateforme spécialisée. Enfin, les 32 % de Français intentionnistes — qui se déclarent ouverts à l’idée d’acquérir des crypto-actifs — représentent un vivier de croissance potentielle considérable. Avant d’entrer sur le marché, il est utile de connaître les erreurs classiques à éviter : Crypto-actifs : les erreurs de pilotage à éviter.

À lire aussi : Quelle part dans votre allocation patrimoniale ? et Les erreurs de pilotage à éviter.


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