Mis à jour le · Par Frédéric Faive, conseiller en gestion de patrimoine, ORIAS 26001762
Pour un dirigeant, le salaire coûte plus cher en cotisations mais ouvre des droits : retraite, indemnités journalières, épargne retraite déductible. Le dividende est moins chargé mais n’ouvre aucun droit. Dans une SAS, il supporte l’impôt sur les sociétés puis la flat tax de 31,4 %, sans cotisations sociales. Dans une SARL, le gérant majoritaire paie des cotisations sur la part de dividendes qui dépasse 10 % du capital, des primes d’émission et de son compte courant. La bonne réponse est presque toujours un mélange, recalculé chaque année.
Salaire ou dividendes : le comparatif en un tableau
| Critère | Salaire ou rémunération de gérance | Dividendes |
|---|---|---|
| Pour la société | Charge déductible du résultat : réduit l’impôt sur les sociétés | Versés après impôt sur les sociétés, non déductibles |
| Cotisations sociales | Oui, sur la totalité | SAS : aucune. SARL, gérant majoritaire : oui au-delà du seuil de 10 % |
| Imposition du dirigeant | Barème de l’impôt sur le revenu, après abattement de 10 % | Flat tax de 31,4 %, ou barème sur option avec abattement de 40 % |
| Droits à la retraite | Oui | Non |
| Indemnités journalières et prévoyance | Calculées sur la rémunération | Non |
| Plafonds du PER et des contrats Madelin | Calculés sur la rémunération | Non |
| Moment du versement | Tout au long de l’année | Après l’approbation des comptes, s’il existe un bénéfice distribuable |
La flat tax est passée de 30 % à 31,4 % en 2026 avec la hausse de la CSG sur les revenus du capital : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Le détail est dans l’article sur la hausse de la CSG et la flat tax à 31,4 %.
SAS ou SARL : la règle change avec le statut
Président de SAS ou de SASU, assimilé salarié
- Salaire : cotisations salariales et patronales du régime général, sans assurance chômage. Ordre de grandeur : pour 100 € nets versés au président, la société débourse environ 180 €.
- Dividendes : aucune cotisation sociale. Ils supportent la flat tax de 31,4 % sur leur totalité.
Gérant majoritaire de SARL, travailleur non salarié
- Rémunération de gérance : cotisations des travailleurs non salariés, de l’ordre de 45 % de la rémunération nette. Pour 100 € nets, la société débourse environ 145 €.
- Dividendes : la part qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes en compte courant d’associé est soumise aux cotisations sociales. En dessous du seuil, seule la flat tax s’applique.
Conséquence : en SAS, le dividende est toujours moins chargé que le salaire. En SARL, l’avantage s’arrête au seuil de 10 %, ce qui limite fortement l’intérêt des dividendes quand le capital social est faible.
Exemple chiffré : 100 000 € à répartir dans une SAS
Une SAS dispose de 100 000 € avant rémunération du président et avant impôt sur les sociétés. Le président est célibataire et n’a pas d’autre revenu.
| Tout en salaire | Tout en dividendes | |
|---|---|---|
| Enveloppe de départ | 100 000 € de coût total pour la société | 100 000 € de bénéfice avant impôt |
| Cotisations sociales ou impôt sur les sociétés | ≈ 45 000 € de cotisations patronales et salariales | 25 000 € d’impôt sur les sociétés (taux normal de 25 %) |
| Revenu avant impôt personnel | ≈ 55 000 € de salaire net | 75 000 € de dividendes |
| Impôt personnel | ≈ 8 000 € d’impôt sur le revenu | 23 550 € de flat tax (31,4 %) |
| Net disponible | ≈ 47 000 € | 51 450 € |
| Droits acquis | Retraite, indemnités journalières, plafond PER | Aucun |
Dans ce cas, les dividendes laissent environ 4 500 € de plus, mais sans aucune protection sociale ni droit à la retraite. L’écart augmente si la société bénéficie du taux réduit d’impôt sur les sociétés de 15 % sur ses premiers bénéfices.
Calcul simplifié avec des taux arrondis (cotisations patronales de 42 % du brut, salariales de 22 %), hors prévoyance complémentaire. Ce sont des ordres de grandeur, pas une simulation personnalisée.
Ce que les dividendes ne financent pas : retraite et protection sociale
- Pas de droits à la retraite. Un dirigeant qui se rémunère uniquement en dividendes pendant vingt ans valide très peu de trimestres et de points.
- Pas d’indemnités journalières. En cas d’arrêt de travail, les indemnités sont calculées sur la rémunération déclarée, pas sur les dividendes.
- Pas de base pour l’épargne retraite déductible. Les plafonds du PER et des contrats Madelin se calculent sur les revenus professionnels.
Le gain immédiat du « tout dividendes » se paie donc plus tard. Le sujet est détaillé dans les articles sur la protection sociale du dirigeant non salarié et sur la retraite du chef d’entreprise.
Le bon dosage : un mélange recalculé chaque année
- Un salaire qui couvre la protection sociale : assez pour valider ses trimestres, obtenir des indemnités journalières correctes et ouvrir un plafond d’épargne retraite.
- Des dividendes pour le surplus, dans la limite du seuil de 10 % en SARL.
- Un versement d’épargne retraite calibré sur le plafond disponible, pour réduire l’impôt sur le revenu du salaire.
Le dosage varie selon le résultat de la société, la tranche d’imposition du foyer et les droits déjà acquis. La méthode complète est dans le guide de la rémunération du dirigeant.
Cinq questions à se poser avant d’arbitrer
- Quelle est la tranche marginale d’imposition de mon foyer ? À 0 ou 11 %, l’option pour le barème peut battre la flat tax.
- Ai-je validé assez de trimestres et de points de retraite ? Sinon, le salaire passe en premier.
- Ai-je un contrat de prévoyance ? Sans lui, les indemnités journalières dépendent entièrement de la rémunération.
- Le résultat de l’année est-il exceptionnel ? Un bénéfice ponctuel se distribue plus volontiers en dividendes.
- En SARL, où se situe mon seuil de 10 % ? Il fixe le montant de dividendes sans cotisations.
Questions fréquentes sur le choix entre salaire et dividendes
Vaut-il mieux se verser un salaire ou des dividendes ?
Ni l’un ni l’autre exclusivement. Le salaire coûte plus cher en cotisations mais ouvre des droits à la retraite, aux indemnités journalières et à l’épargne retraite déductible. Le dividende est moins chargé mais n’ouvre aucun droit. La plupart des dirigeants ont intérêt à se verser un salaire qui couvre leur protection sociale, puis à compléter en dividendes.
Les dividendes d’un président de SAS sont-ils soumis à cotisations sociales ?
Non. Les dividendes versés par une SAS ou une SASU ne supportent pas de cotisations sociales. Ils sont imposés à la flat tax de 31,4 %, qui comprend 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, ou au barème de l’impôt sur le revenu sur option.
Comment sont taxés les dividendes d’un gérant majoritaire de SARL ?
La part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant d’associé est soumise aux cotisations sociales des travailleurs non salariés, comme une rémunération. En dessous de ce seuil, les dividendes supportent seulement la flat tax de 31,4 %.
Flat tax ou barème : que choisir pour ses dividendes ?
La flat tax de 31,4 % s’applique par défaut. L’option pour le barème donne droit à un abattement de 40 % sur les dividendes et à la déduction d’une partie de la CSG. Elle est généralement intéressante pour les foyers non imposables ou imposés à 11 %, rarement au-delà. Attention : l’option est globale, elle vaut pour tous les revenus de capitaux et les plus-values de l’année.
Peut-on changer la répartition salaire et dividendes chaque année ?
Oui. La rémunération se décide en cours d’année, les dividendes après l’approbation des comptes. La répartition se recalcule donc chaque année, en fonction du résultat de la société, de la situation fiscale du foyer et des droits sociaux déjà acquis.
Sources officielles
- Service-public, évolution du taux du prélèvement forfaitaire unique : passage de 30 % à 31,4 %.
- Service-public, fiscalité des dividendes perçus par les associés.
- Service-public, imposition des revenus d’épargne et de placement : option pour le barème et abattement de 40 %.
- Code de la sécurité sociale, article L. 131-6 : cotisations sur les dividendes des travailleurs non salariés au-delà de 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants.
Article mis à jour le 2 octobre 2026. Informations générales, qui ne constituent ni un conseil fiscal ni une recommandation personnalisée.
À lire aussi : la flat tax du dirigeant, dividendes du gérant majoritaire et droits à la retraite et la holding patrimoniale.
