Private equity : définition, formes et fonctionnement

Billets et pièces illustrant le private equity et l'investissement en capital non coté

Le private equity : investir dans les entreprises non cotées

Le private equity — ou capital-investissement en français — désigne l’ensemble des investissements réalisés dans le capital d’entreprises non cotées sur un marché boursier. Contrairement aux actions achetées en Bourse, les participations en private equity sont illiquides : l’investisseur engage ses fonds pour plusieurs années sans possibilité de revente rapide sur un marché organisé.

Cette classe d’actifs est historiquement réservée aux investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies d’assurance, family offices) et aux grandes fortunes. Elle s’est progressivement ouverte aux investisseurs particuliers fortunés depuis les années 2000, avec la démocratisation des véhicules d’accès comme les FCPR et FPCI.

Les quatre grandes formes du capital-investissement

1. Le capital-risque (venture capital)

Le capital-risque finance des entreprises en phase de démarrage ou de croissance rapide, généralement des startups technologiques ou innovantes. Les prises de participation interviennent tôt dans la vie de l’entreprise, à un moment où les risques d’échec sont élevés mais où le potentiel de multiplication du capital est maximal.

Les fonds de capital-risque prennent des participations minoritaires dans de nombreuses sociétés, en tablant sur le fait qu’une poignée d’entre elles réaliseront des performances exceptionnelles (multiplication par 10, 20 ou 50 du capital investi) qui compenseront les pertes totales sur les autres.

2. Le capital-développement (growth equity)

Le capital-développement intervient dans des entreprises déjà rentables qui cherchent à financer leur croissance (expansion géographique, lancement de nouveaux produits, acquisition de concurrents) sans recourir à l’endettement bancaire. Les sociétés ciblées ont généralement entre 3 et 15 ans d’existence et des revenus récurrents démontrés.

Le risque est inférieur au capital-risque puisque l’entreprise a déjà prouvé son modèle économique. Le potentiel de gain est en revanche plus modéré : les valorisations d’entrée sont plus élevées et les multiples de sortie plus raisonnables.

3. Le capital-transmission (LBO)

Le Leveraged Buy-Out (LBO) consiste à racheter une entreprise mature en utilisant une combinaison de fonds propres apportés par le fonds et d’un emprunt bancaire important, généralement remboursé par les flux de trésorerie générés par l’entreprise acquise. C’est la forme la plus courante et la plus médiatisée du private equity.

L’effet de levier financier amplifie les rendements : si l’entreprise est achetée avec 30 % de fonds propres et 70 % de dette, une appréciation de 20 % de la valeur de l’entreprise se traduit par un gain de 67 % sur les fonds propres investis. À l’inverse, une baisse de valeur amplifie également les pertes.

4. Le capital-retournement (turnaround)

Le capital-retournement cible des entreprises en difficulté financière ou opérationnelle, rachetées à prix décotés pour être restructurées. Le fonds injecte des capitaux frais, remplace souvent le management, restructure la dette et transforme l’activité avant de céder sa participation quelques années plus tard.

C’est la forme la plus risquée du private equity, mais aussi potentiellement la plus rémunératrice lorsque le retournement réussit. Elle requiert une expertise opérationnelle poussée de la part des équipes de gestion.

La structure type d’un fonds de private equity

Un fonds de private equity est généralement structuré comme un Limited Partnership (LP) ou son équivalent français (FPCI, FCPR) :

  • Le General Partner (GP) : l’équipe de gestion qui identifie les opportunités, investit les capitaux et gère activement les participations. Elle apporte généralement 1 à 5 % du capital du fonds (le « carry » ou « carried interest »)
  • Les Limited Partners (LP) : les investisseurs passifs qui apportent 95 à 99 % du capital. Ils ne participent pas à la gestion quotidienne mais bénéficient de la performance du fonds
  • La durée de vie : généralement 10 ans, divisés en 5 ans d’investissement et 5 ans de désinvestissement progressif
  • Les frais : management fee annuel de 1,5 à 2 % des capitaux engagés + carried interest de 20 % des plus-values au-delà d’un rendement minimum (hurdle rate, souvent 8 %)

Les performances historiques du private equity

Sur longue période, le private equity affiche des rendements supérieurs aux marchés actions cotés. Selon les données de Cambridge Associates, les fonds de buyout américains ont délivré un TRI (Taux de Rendement Interne) médian de l’ordre de 12 à 15 % par an sur les 20 dernières années, contre 8 à 10 % pour le S&P 500 sur la même période.

Ces chiffres doivent être interprétés avec précaution : la dispersion entre les fonds est considérable. Les fonds du premier quartile affichent des TRI de 20 % et plus, tandis que les fonds du dernier quartile peinent à dépasser le coût du capital. La sélection du fonds est donc déterminante — bien plus qu’en matière d’investissement en actions cotées où les indices sont accessibles à tous au même prix.

Les risques spécifiques du private equity

  • Illiquidité : les capitaux sont bloqués pendant 5 à 10 ans sans possibilité de rachat anticipé dans la plupart des cas
  • Risque de perte en capital : en capital-risque notamment, la perte totale sur certaines lignes est fréquente
  • Risque de concentration : un fonds de taille modeste peut être concentré sur peu de participations
  • Risque de levier : en LBO, un retournement de conjoncture peut rendre la dette insoutenable et conduire à une perte totale
  • Risque de valorisation : les actifs non cotés sont valorisés trimestriellement par le fonds lui-même, sans validation de marché en temps réel

Le private equity et l’économie réelle

Au-delà du rendement financier, le capital-investissement joue un rôle structurant dans le financement de l’économie réelle. En France, selon les données de France Invest, les fonds de private equity ont financé plus de 2 200 entreprises en 2023, représentant près de 1,8 million d’emplois directs. Ces entreprises financées par le capital-investissement affichent en moyenne une croissance de l’emploi supérieure de 3 à 4 points à celle des autres entreprises de taille comparable. Pour un investisseur patrimonial, cette dimension « économie réelle » constitue un argument de diversification au-delà de la seule recherche de performance financière.


Vous souhaitez intégrer le private equity dans votre allocation patrimoniale ? Contactez One Gestion Privée — Un accompagnement personnalisé permet de sélectionner les véhicules adaptés à votre profil de risque, votre horizon d’investissement et votre fiscalité.

Retour en haut