Retraite des professions libérales : CNAVPL, CIPAV et les caisses par profession (2026)

Retraite des professions libérales : architecte à son bureau devant ses plans

Médecin, kiné, architecte, expert-comptable, avocat : la retraite des professions libérales est la plus morcelée de France : dix caisses de retraite différentes derrière un même statut, des cotisations qui vont du simple au triple, et des pensions tout aussi disparates. En 2026, ce paysage bouge : nouvelle assiette de cotisations, taux de base relevé, âge légal gelé par la suspension de la réforme. Voici comment votre régime fonctionne réellement, caisse par caisse, et pourquoi le taux de remplacement des libéraux impose presque toujours une stratégie complémentaire.

Retraite des professions libérales : deux étages, dix caisses

Toutes les professions libérales (hors avocats) partagent le même régime de base : la CNAVPL, un régime en points. La cotisation 2026, relevée par la réforme de l’assiette, est de 8,73 % jusqu’à un plafond de Sécurité sociale (48 060 €) et 1,87 % au-delà, jusqu’à 5 plafonds. Ce socle est volontairement léger : l’essentiel se joue à l’étage complémentaire, géré par la section professionnelle dont vous dépendez :

CaisseProfessionsParticularité marquante
CARMFMédecinsTrois régimes empilés (base, complémentaire, ASV) ; cotisations élevées, pension parmi les meilleures
CARPIMKOInfirmiers, kinés, orthophonistes…Complémentaire modeste : taux de remplacement faible
CARCDSFDentistes, sages-femmesRégimes complémentaire + prestations complémentaires de vieillesse
CAVPPharmaciensComplémentaire partiellement gérée par capitalisation, unique en France
CAVECExperts-comptablesComplémentaire par classes de cotisation, au choix partiellement
CIPAVArchitectes, ingénieurs-conseils, ostéopathes, psychologues…Caisse interprofessionnelle « balai » ; cotisations recouvrées par l’URSSAF depuis 2023
CNBFAvocatsHors CNAVPL : base forfaitaire + complémentaire en points, autonome

Cette mosaïque n’a rien d’anecdotique : à revenu identique, deux professionnels libéraux peuvent cotiser et percevoir des montants très différents selon leur caisse. Toute stratégie retraite d’un libéral commence donc par une question triviale et pourtant souvent sans réponse : que me versera exactement MA caisse, à quel âge, pour combien de cotisations ?

Le cas CIPAV : la caisse qui a le plus changé

La CIPAV (caisse interprofessionnelle qui regroupe architectes, conseils, ostéopathes, psychologues et une myriade d’autres professions) a connu une double révolution : ses cotisations sont recouvrées par l’URSSAF depuis 2023, et ses cotisations complémentaires, autrefois forfaitaires par classes, sont devenues proportionnelles au revenu. En 2026, le point complémentaire CIPAV s’achète 47,40 € et se liquide à 2,89 € par an : un rapport à connaître pour évaluer ce que chaque euro cotisé vous rendra. À noter aussi : les créateurs en micro-entreprise des professions non réglementées ne relèvent plus de la CIPAV mais du régime général des TNS. Vérifiez votre affiliation réelle, les erreurs ne sont pas rares.

Ce qui change en 2026 pour tous les libéraux

  • Nouvelle assiette de cotisations : l’abattement forfaitaire de 26 % s’applique aussi aux libéraux depuis la régularisation du printemps 2026 : le détail est dans notre article sur la réforme de l’assiette sociale ;
  • Taux de base relevé : la cotisation CNAVPL passe de 8,23 % à 8,73 % sur la première tranche (davantage de points de base en contrepartie) ;
  • Âge légal gelé : la suspension de la réforme des retraites s’applique au régime de base des libéraux comme aux autres (62 ans et 9 mois jusqu’en janvier 2028), mais chaque caisse complémentaire garde ses propres coefficients d’âge : les deux étages ne partent pas toujours à taux plein en même temps ;
  • Plafond de référence en hausse : PASS à 48 060 €, qui recalibre tranches de cotisations et plafonds Madelin/PER.

Le vrai sujet : un taux de remplacement structurellement faible

Hors médecins et quelques caisses généreuses, le libéral remplace souvent 30 à 50 % de son revenu d’activité, loin des standards du salariat. Ce n’est pas une fatalité, c’est une donnée à compenser : d’abord en fiabilisant sa carrière (relevé tous régimes sur info-retraite.fr, rachats ciblés), ensuite en capitalisant tôt, avec l’avantage fiscal maximal que permettent les enveloppes dédiées : Madelin et PER des professions libérales, dont les plafonds de déduction suivent justement le PASS. La méthode de diagnostic est celle de notre bilan retraite à 45 ans : chiffrer d’abord, choisir les outils ensuite.

Questions fréquentes

Je suis psychologue en micro-entreprise : CIPAV ou régime général ?

Cela dépend de votre date de création et de votre profession : depuis 2018, les créateurs micro-entrepreneurs des professions non réglementées sont affiliés au régime général des TNS, tandis que les affiliés CIPAV historiques ont pu y rester ou exercer un droit d’option. L’enjeu n’est pas mince : règles de calcul, taux, réversion diffèrent. Votre attestation d’affiliation URSSAF fait foi ; en cas de doute, faites vérifier, une affiliation erronée se corrige.

Les cotisations libérales donnent-elles droit à des indemnités journalières ?

Depuis 2021, les professions libérales bénéficient d’indemnités journalières servies par le régime général pour les 90 premiers jours d’arrêt ; au-delà, le relais dépend de votre caisse, et certaines ne prévoient presque rien avant le 91e jour d’invalidité. C’est l’angle mort le plus dangereux du statut : notre article sur l’arrêt maladie des professions libérales détaille les carences réelles, caisse par caisse.

Puis-je cumuler ma retraite libérale avec une activité ?

Oui : le cumul emploi-retraite est ouvert aux libéraux, intégralement si vous avez le taux plein (et il crée alors de nouveaux droits depuis 2023), plafonné sinon. Beaucoup de libéraux lissent ainsi leur fin de carrière (poursuite partielle d’activité, retraite progressive dès 60 ans) plutôt que de subir un arrêt brutal. Le calendrier optimal se construit en croisant vos deux étages de pension et votre fiscalité de l’année de départ.

Comment est calculée concrètement ma pension de base CNAVPL ?

Chaque euro cotisé est converti en points selon un tarif annuel, et la pension finale est le produit de vos points par la valeur de service en vigueur au moment de la liquidation, affectée d’un coefficient selon votre âge et votre durée d’assurance tous régimes. Deux conséquences pratiques : cotiser sur un revenu plus élevé achète mécaniquement plus de points, et partir avant le taux plein ampute la pension de façon définitive. Le calcul mérite d’être fait avant de choisir sa date.

Envie d’appliquer tout ça à VOTRE situation ? Estimez d’abord vos frais en 30 secondes, puis réservez votre bilan patrimonial offert (30 minutes, sans engagement).

Article informatif et général, ne constituant ni un conseil personnalisé ni une recommandation. Les règles et chiffres cités sont ceux connus à la date de rédaction (juillet 2026) et susceptibles d’évoluer. Vérifiez votre situation individuelle sur info-retraite.fr ou avec votre caisse.

Frédéric Faive, conseiller en gestion de patrimoine à Versailles

Frédéric Faive

Conseiller en gestion de patrimoine · CIF · ORIAS n°26001762 · Membre CNCGP

10 ans d’expérience dans l’investissement, environ 80 familles accompagnées. Diplômé de l’EDHEC et d’un Master de gestion de patrimoine (AUREP). Basé à Versailles, il accompagne dirigeants, TNS et particuliers dans toute la France, avec une signature : la transparence totale sur les frais.

Retour en haut